Cultiver arachides et sésame auprès du 10ème parallèle du latitude nord

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La passion et la curiosité pour la biologie et l’objectif personnel d’opérer, un jour, dans les pays en développement sont à la base du choix de Fabio Binotto. Il a 28 ans, un master à la faculté d’agronomie de Milan et il a étudié International Horticolture Management dans les Pays Bas, et en mars 2015 il a décidé de partir pour le Tchad, pour travailler six mois dans un projet de COOPI pour la valorisation des filières agro-alimentaires de l’arachide et du sésame.

Quelles ont été tes premières impressions du Tchad ?

Après mon arrivée à Goz Beida, la ville principale de la région du Sila, je me suis rendu compte que le taux d’humidité était beaucoup plus faible qu’en Italie, entre 5-8%, tandis que la température maximale dépassait les 45°C. J’étais proche du 10ème parallèle de la latitude nord ! J’ai tout de suite pensé qu’il devait être intéressant d’étudier l’agriculture dans ces conditions climatiques, si différentes par rapport à celles italiennes.

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En quoi concerne le projet de COOPI dans lequel tu as travaillé ?

Le projet, géré par COOPI et financé par l’Union Européenne, a l’objectif de renforcer les groupements des cultivateurs, en promouvant les activités génératrices de revenu dans la production, transformation et commercialisation de l’arachide et du sésame, avec une attention particulière à la promotion professionnelle des jeunes et des femmes. La population de la région a vécu ces dernières années dans une instabilité politique et sociale, provoquée par des conflits internes et par le récent conflit du Darfour, commencé en 2003 au Soudan, qui a entraîné au Tchad des milliers de réfugiés. Par conséquent, aujourd’hui, cette région est classée avec un très bas indicateur du développement humain (HDI, Human Development Index).

Quel a été ton rôle dans le projet ?

Grace à la collaboration entre COOPI et la faculté d’agronomie de l’Université de Milan (UNIMI) pour une étude de filière, j’ai travaillé avec l’équipe UNIMI pour la récolte des donnés sur le terrain, à travers des entretiens, des rendez-vous et la mise en place d’une base de données.

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Au début, nous avons cherché à obtenir des informations géographiques sur la zone de notre étude avec une analyse qualitative du contexte agricole. Ensuite, nous avons fait une cartographie avec tous les acteurs des filières et enregistré toutes les routes, les structures et les terrains agricoles.

Parallèlement à ces activités, nous en avons exercé une autre très importante : nous avons visité avec régularité les organisations de producteurs, où les cultivateurs décident les prix de vente et débattent de la commercialisation et des techniques agronomiques.

Est-ce que les rencontres et échanges d’idées avec les bénéficiaires sont importants pour atteindre les résultats du projet ?

Chaque rencontre réalisée avec les cultivateurs et avec les autres acteurs de la filière a été fondamental pour comprendre la réalité des activités de production, commercialisation et transformation de l’arachide et du sésame. Je pense que le mot clé est « écouter ». Chaque bénéficiaire a besoin d’une approche communicative différente : c’est pour cela que nous avons participé régulièrement aux rencontres avec les acteurs des filières.

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Est-ce que tu peux donner quelques exemples ?

Chaque semaine, nous avons tenu des rencontres avec des hommes et des femmes, avec lesquels nous avons pris des décisions communes. Les rencontres de chaque dimanche, le jour de marché, entre les organisations de cultivateurs et la fédération des transformateurs ont été essentielles : elles nous ont donné l’occasion de comprendre de quelle façon deux importants acteurs de la filière opéraient, le secteur de la production et celui de la commercialisation. Communiquer avec tous les acteurs de la filière nous a permis de mieux comprendre leur point de vue et d’avoir un cadre complet de la situation.

Est-ce que vous avez interagi avec les institutions ?

La collaboration entre COOPI et le Ministère de l’Agriculture et de l’Irrigation du Tchad était prévue, notamment avec l’Office National du Développement Rural (ONDR), à Goz-Beida. Les rencontres avec les institutions ont été des moments précieux pour écouter et examiner des questions techniques, liées aux productions et aux potentialités commerciales et de marché des agriculteurs.

Les bénéficiaires vous ont donné quelques retours d’information sur le projet?

Il y a eu une très grande participation des organisations d’agriculteurs et des autres bénéficiaires pendant les entretiens. Leurs impressions étaient très positives, en soulignant les bénéfices concrets portés par COOPI à la communauté. Cependant, des difficultés ont été notées pendant les phases de commercialisation des produits agricoles.

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Quelles sont tes considérations sur le projet ?

Je pense que le renforcement des filières des arachides et du sésame, avec la participation directe des organisations des producteurs afin d’augmenter l’efficacité des actions collectives, peut devenir intéressant pour interagir de façon dynamique avec le marché. Le projet a travaillé avec constance sur plusieurs aspects et des bénéfices évidents ont été enregistrés. Il faut toutefois considérer que le développement des filières a besoin de temps pour que les relations entre les différentes étapes des filières et les acteurs deviennent plus solides.

Cultiver arachides et sésame auprès du 10ème parallèle du latitude nord ultima modifica: 2016-01-27T12:04:09+00:00 da coopi