Elodie rentre chez elle après six ans dans l’enfer de la LRA

Elodie rentre chez elle après six ans dans l’enfer de la LRA

L’Armée de Résistance du Seigneur, connue par son sigle en anglais (LRA), est le groupe armé de Joseph Kony, un criminel de guerre dont les délires religieux ne l’ont pas empêché de semer la terreur en RDC, Sud-Soudan, Ouganda et la République Centrafricaine. Depuis 20 ans, la LRA s’est faite une spécialité de séquestrer des enfants qui deviennent ensuite des combattants ou des esclaves soumis à des conditions de vie épouvantables. Elodie (prénom modifié) était une de ces enfants.
« Elodie a été kidnappée dans son village quand elle avait 10 ans. Après, elle a passé six ans avec le groupe armé. Nous ne savons pas si elle a été libérée ou si elle a réussi à s’enfuir parce qu’elle est presque muette. Quand cette enfant est arrivée à Obo (Haut-Mbomou, Sud-Est), notre organisation l’a insérée dans notre programme pour enfants associés à la LRA », explique Pélagie Gonzobo-Damlah, agent psychosocial de COOPI.
Le projet COOPI, financé par UNICEF, titré « Prise en charge, soutien psychosocial et réintégration sociocommunautaire des enfants associés à la LRA et des communautés vulnérables du Haut-Mbomou via le renforcement de la résilience », dont Elodie a été une des 7.620 bénéficiaires (dont 6.189 enfants), montre une approche basée sur la protection des droits de l’enfant mais aussi sur le besoin de renforcer la capacité de se remettre de la violence – la résilience – des communautés.
Le cas d’Elodie était très difficile du fait de son handicap. « Nous ne savions même pas d’où elle venait. Elle arrive à peine à prononcer quelques mots que, heureusement, un de nos opérateurs a reconnus : elle parlait en lingala, une langue congolaise. C’est comme ça que nous avons su où chercher sa famille : au Congo (RDC) », rappelle Pélagie.
Pendant que l’adolescente bénéficiait de notre parcours de récupération, y compris un suivi d’une de nos psychologues de nationalité congolaise qui parle lingala, on a lancé la recherche de sa famille.
La RDC est un pays immense et le lingala est parlé dans plusieurs régions. Nous nous demandions par où commencer. Un réfugié congolais à Obo nous a donné une piste : il a cru reconnaitre les marques rituelles que l’enfant a sur le visage et nous a conseillé de chercher dans la zone du village de Banda (Nord-Est de la RDC).
COOPI a démarré alors une collaboration avec une autre ONG qui travaille en Centrafrique mais aussi dans cette région congolaise et qui nous aidé à diffuser parmi les villageois la description d’Élodie. Après un premier échec, la communication de bouche-à-oreille a fonctionné et le père de l’adolescente a reconnu sa fille kidnappée. Il l’a réclamée tout de suite. Une fois la famille repérée, COOPI a demandé aux forces militaires ougandaises, présentes en Centrafrique dans le cadre de la lutte contre la LRA, une autorisation spéciale pour transporter l’adolescente en RDC dans un de ses avions. Six ans après, Elodie est rentrée à la maison.

Elodie rentre chez elle après six ans dans l’enfer de la LRA ultima modifica: 2016-07-07T15:20:00+00:00 da Developer