La lutte de COOPI contre les causes de la malnutrition aigüe à l’Est du Tchad

La lutte de COOPI contre les causes de la malnutrition aigüe à l’Est du Tchad

Arrivée à Goz Beida en 1996 pour une aide à l’hôpital, ensuite avec la crise de Darfour en 2003 et le grand déplacement des réfugiés du Soudan, de la RCA, de la Lybie à l’Est du Tchad, COOPI  s’est engagée davantage pour la santé des populations refugiés/retournées et déplacés et surtout contre la malnutrition et l’insécurité alimentaire, dans la région de Dar Sila.

Aujourd’hui, en aout 2015, même si le nombre de ces populations considérablement diminué, on parle de 700 000 personnes au Tchad,  et plus de 364 000 réfugiés soudanais à l’Est du pays. Leur situation sur le plan sanitaire et alimentaire se révèle encore alarmante d’après les dernières enquêtes et évaluations (HNO Chad Final 2015), avec 350 000 cas de malnutrition aiguë globale attendus en 2015 pour les enfants de 6 à 59 mois, parmi lesquels 96 000 en situation de malnutrition aigüe sévère (MAS).

COOPI, comme l’un des partners incontournables de la Délégation Sanitaire Régionale (DSR) de Sila, œuvre sur le terrain auprès des populations vulnérables engagées dans le combat contre les causes de la malnutrition qui sont nombreuses, complexes et interconnectées.

Les facteurs aggravants les causes de la malnutrition aiguë connues dans la région :

Ils se révèlent come une combinaison entre des facteurs externes  (situation sécuritaire dans les pays voisins, la pauvreté du sol de la bande sahélienne, variations pluviométriques, des catastrophes naturelles: des inondations et des sécheresses récurrentes, la forte dépendance sur la production agricole de la population, l’insuffisance des terres arables et des pâturages, conflits entre les éleveurs et cultivateurs etc.),  et des facteurs structurels  (la pauvreté chronique, sous-développement,  la faible qualité de santé/ des soins, un faible accès à la santé primaire et préventive : manque du personnel médical et paramédical qualifié, d’approvisionnement systématique en médicaments, mauvaise structuration des filières agricoles, la forte dépendance aux marchés et aux prix des denrées  etc.).

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Et puis parmi des facteurs spécifiques: une situation sanitaire très précaire, la forte prévalence des maladies infectieuses à potentiel épidémique (la diarrhée récurrente, la rougeole, le choléra, le paludisme, des cas d’hépatite, de cas de gastroentérite fébrile meurtrière, de méningite et de poliomyélites)  liées à un faible accès à l’eau potable p.ex., les populations dans les villages de retour et au sein des communautés hôtes boit de l’eau des Ouadis.

D’autant plus il y a des mauvaises habitudes alimentaires liées à l’hygiène et à l’assainissement, et le recours à certaines pratiques socioculturelles comme mariage précoce, pratiques ancestrales voire traditionnelles telles que: brulure rituelle, incision, ablation de la luette, cocktail médical traditionnel etc.; connues comme néfastes à la santé et à la vie des enfants.

 

Actions entreprises par COOPI avec les financements d’ECHO et PAM en 2015 :

Les dernières deux années COOPI  appuyait les activités nutritionnelles à travers les structures sanitaires : Centres de santé avec UNS /UNA et UNT (unités voire centres nutritionnelles de diffèrent type d’intervention: supplémentaire (UNS), ambulatoire (UNA) ou thérapeutique/hôpital (UNT) sous la supervision de la DSR de Sila.

Compte tenu du fait que Sila est parmi les régions les plus touchées par la malnutrition aigüe sévère (MAS) avec un taux de malnutrition aigüe globale dans les districts sanitaires de Goz Beida et Koukou élevé à 11.0% dont 9.3% de MAM (Malnutrition Aigue Modérée)  et 1,7 % de MAS (Malnutrition Aigüe Sévère) sans complications (d’après l’enquête SMART Unicef/Octobre 2014),  le projet en cours ECHO/COOPI 2015,  a pour l’objectif  la prise en charge de la MAS avec complication dans les deux UNT de Goz Beida et de Koukou, un appui en médicaments, matériels et consommables et le renforcement  de leur capacité opérationnelle par le suivi régulier des activités nutritionnelles.

En même temps PAM conjointement avec COOPI appui sept  (7) Centres de santé /UNS dans les mêmes districts sanitaires avec la distribution des intrants alimentaires afin d’améliorer l’accès medico- nutritionnel  d’urgence et la réponse aux épidémies des populations affectes à l’est du Tchad.La lutte de COOPI contre les causes de la malnutrition aigüe à l’Est du Tchad 3

 

En quoi consiste alors l’appui des UNT par COOPI  ?

Pour atteindre ses objectifs, pour atténuer les causes de la malnutrition aiguë COOPI appui les activités des UNT regroupées comme suit :

  • Tout d’abord il s’agit de la prise en charge au sein des UNT des enfants malnutris sévères avec complications médicales, de leur stimulation émotionnelle et physique, de la prise en charge alimentaire aussi des accompagnantes, de suivi de la référence à l’UNT et contre-référence aux UNA/UNS des enfants malnutris MAS+;
  • Ensuite, d’approvisionner les UNT en médicaments/traitement systématique et adéquat, entreprendre des actions de prévention contre la malnutrition et de la promotion de l’hygiène, organiser des séances d’éducation nutritionnelle dans les UNT sur l’Alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant (ANJE), et sur pratiques eau/l’hygiène/assainissement  (WASH) et des démonstrations culinaires pour les accompagnants en UNT et de la distribution du kit minimum pour les cas pris en charge en vue de l’intégration des activités des UNT dans les hôpitaux de référence de Goz Beida el de Koukou.
  • Et pour le faire, COOPI avec le financement d’ECHO appui la DSR dans la mise à la disposition  des UNT des ressources humaines qualifiées/personnel sanitaire médical et paramédical (médecins, infirmiers, assistants de phase, éducatrices etc.). Elle veuille sur leur formation/recyclage professionnel permanent et transfert des connaissances sur le protocole PCIMA (Prise en Charge Intégrée de la Malnutrition Aiguë), la PECIME  (Prise en Charge Intégrée des Maladies de l’Enfant)  et ANJE,  et fait un suivi régulier et évaluation des activités à travers des supervisions conjointes COOPI et DSR.

 

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Il faut considérer qu’aujourd’hui, la population de l’Est du Tchad en majorité composée de réfugiés et déplacés n’est pas à elle seule capable de s’en sortir. L’insécurité alimentaire et la malnutrition avec ses multiples causes/facteurs demande d’une grande synergie d’action. Elle a besoin du soutien tant moral que matériel de la communauté internationale surtout au niveau structurel de système de la santé au Tchad.

L’OMS et L’UE parlent de la malnutrition au Tchad come d’une urgence qui demande d’un côté d’une réponse immédiate au niveau d’accès aux soins de qualité dans les UNS/UNA et UNT,  et en même temps d’une prévention, sensibilisation nutritionnelles au niveau communautaire pour un changement des habitudes socioculturelles .

COOPI de son côté réaffirme toujours par sa présence dans la région de Dar Sila sa volonté de faire face à ce grand défi d’une lutte acharnée contre les multiples causes de la malnutrition surtout par le renforcement du système de santé existant.

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