Le jardin potager de Nelson Mandela : cultiver pour la paix et l’éducation

Le jardin potager de Nelson Mandela - cultiver pour la paix et l’éducation

« Il était une fois un homme appelé Nelson Mandela. Il était né en Afrique du Sud et seulement parce qu’il croyait à un monde où les personnes noires auraient les mêmes droits que les blanches, il avait été incarcéré dans une prison située sur une île : Robben Island. Mandela était innocent mais il devait passer 27 années enfermé, alors il décida de cultiver un jardin potager. Il commença à semer des épinards, des aubergines et des oignons, quelques fois dans des bidons d’huile coupés en deux. Quand il récoltait ses légumes, il en donna même aux gardiens de la prison. Il disait que ce petit lopin de terre lui donnait un goût de liberté ».

Cette histoire sur le jardin potager que Mandela tenait dans la prison de Robben Island est pour COOPI et pour l’Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO) – qui l’a incluse dans un de ses manuels – un exemple inspirateur. Surtout pour les enfants et parents qui bénéficieront d’un projet d’établissement de jardins et champs scolaires qui vient de démarrer au profit de six écoles de la ville de Boda et 7 autres situées à Bria. Dans chaque école, le jardin scolaire, dont l’extension sera d’un hectare, sera situé dans un terrain à proximité de l’établissement où, à l’instar du jardin de Mandela, dans des bidons coupés ou bien dans d’autres récipients recyclés si le centre éducatif ne dispose pas d’une parcelle de terrain. Soit sur un terrain ou dans des pots improvisés, des enfants à partir de 10 ans pourront cultiver des produits maraîchers tels que les amarantes, les choux, les tomates et les oignons. En même temps, les élèves apprendront des techniques agricoles et des notions de base de nutrition et de cuisine.  La mise en place de ces jardins sera accompagnée dans chaque école de l’établissement d’un champ agricole, également de mille mètres carrés, pour les parents des enfants. Ce champ sera géré par un comité de gestion dépendant de l’Association des Parents d’Élèves. « Le jardin scolaire a un but quasi exclusivement éducatif, tandis que le champ pour les parents a comme objectif de produire des cultures maraîchères et de les commercialiser. Cet argent sera ensuite versé à une caisse commune gérée par le comité de gestion qui dédiera ce revenu à financer les besoins de l’école ou les frais de scolarité des enfants », précise le chef de projet Filippo Brisighelli. COOPI et FAO, bailleur de fonds de ce projet, apporteront les semences, les outils agricoles et la formation aux techniques agricoles et de gestion. De sa part, les comités de gestion, en partenariat avec les autorités locales, sont chargés d’identifier et mettre les terrains à disposition de l’école. Le nombre des bénéficiaires estimé pour ce programme est de 5.310 personnes. « Nous avons l’espoir que ces jardins scolaires deviennent aussi des cours en plein air et pas seulement d’agriculture, mais de toutes les matières. Notre dessein se base sur l’idée qu’un cours dans le jardin pourrait apprendre aux enfants à mesurer un terrain, à faire des opérations mathématiques, les sciences naturelles ou pourquoi pas un peu d’histoire de la Centrafrique», continue le chef du projet de COOPI. « Bien sûr, l’objectif est aussi celui d’améliorer la fréquentation scolaire en offrant des activités éducatives et ludiques aux enfants et un revenu extra pour aider les parents à faire face aux frais scolaires. Cependant, nous ne pouvons pas nous empêcher de rêver à ce que ce projet soit aussi un point de départ d’une dynamique positive qui serve à ancrer l’idée de l’intérêt commun et la réconciliation intercommunautaire », conclut Filippo.

Le jardin potager de Nelson Mandela : cultiver pour la paix et l’éducation ultima modifica: 2016-07-07T15:23:42+00:00 da coopi