Les enfants cassés des maladies cérébrales en Centrafrique

Les enfants cassés des maladies cérébrales en Centrafrique

Ericsson B. « était un enfant normal », explique son grand-père, jusqu’à l’âge de deux ans quand il a souffert d’une maladie, qu’ils ont pris pour un paludisme cérébral, mais qui très probablement a été une méningite mal soignée, d’après un médecin consulté par COOPI. L’enfant a survécu mais avec des séquelles très graves. Il a gardé des lésions cérébrales et motrices irréversibles qui ont fait de lui « presqu’un bébé », précise le grand-père, la personne qui, avec sa femme, la grand-mère de l’enfant, s’occupe de lui, en l’absence des parents qui l’ont abandonné.

Ericsson, aujourd’hui âgé de 13 ans, est un grand handicapé : il ne peut ni parler ni marcher et souffre d’incontinence urinaire et fécale. L’adolescent ne contrôle pas ses mouvements et ses muscles sont spastiques (très rigides). Malgré tout, on dirait qu’il parvient à reconnaître son prénom et sourit souvent à son grand-père quand il l’appelle.

La famille d’Ericsson, étant modeste, n’a pas pu lui fournir un traitement adéquat et rapide quand il a attrapé la maladie. Après, les médecins leur ont dit que la seule chose qu’on pouvait faire pour l’enfant était de lui fournir de la réhabilitation pour améliorer sa qualité de vie. Un docteur leur a ensuite adressés au Centre de Réhabilitation pour Handicapés Moteurs (CRHAM) de Bangui, une institution fondée grâce à COOPI, où l’adolescent profite trois fois par semaine des soins d’un kinésithérapeute. Les séances de réhabilitation sont payées par le projet de Soutien à Distance (SAD) de COOPI, financé avec des fonds apportés par des particuliers en Italie: les parrains. Entre autres progrès, la réhabilitation a permis à Ericsson, souligne son grand-père, de plier ses jambes rigides pour s’asseoir, une position qu’il n’était pas capable d’adopter avant et qui lui permet de quitter le lit pendant le jour.

Le cas d’Ericsson n’est pas le seul d’un enfant gravement handicapé dans la salle de réhabilitation du CRHAM. Â côté de lui et de son grand père, une dame âgée d’une soixantaine d’années tient dans ses bras sa fille Ruth. On dirait une enfant, vu sa très petite taille et son corps enfantin, mais elle est âgée de 19 ans.

Atteinte d’une maladie difficile à déterminer, vu qu’elle en souffre depuis l’âge de 5 mois et qu’elle n’a jamais été l’objet d’un suivi médical, Ruth a gardé elle-aussi des séquelles effroyables. Comme dans le cas d’Ericsson, l’absence des moyens économiques de sa famille a empêché cette enfant de recevoir un traitement précoce qui, peut-être, aurait pu éviter ou au moins réduire la gravité de ses séquelles. Ruth, elle aussi parrainée dans le projet SAD depuis 2006, se rend au CHRAM pour des séances de réhabilitation dont le seul but est de lui rendre la vie un peu moins difficile.

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