L’excellence féminine de la Protection Civile haïtienne

L’excellence féminine de la Protection Civile haïtienne

Haïti ne jouit pas actuellement d’une situation économique et sociale favorable à l’avancement des femmes dans la société. Le fort taux de chômage et la faiblesse des institutions ne facilitent pas l’entrée des jeunes des deux sexes dans le milieu du travail. C’est une situation assez difficile pour les jeunes femmes en particulier tant au niveau de la formation professionnelle que dans la vie active.

La Protection Civile Haïtienne, au contraire, se distingue pour avoir plus du 30% des employés femmes, mais aussi pour avoir à sa direction depuis longtemps une dévouée et responsable haïtienne, Marie Alta Jean-Baptiste.

Ingénieur Agronome de formation, diplômée de l’Institut national de gestion et des hautes études internationales, Mme Jean-Baptiste a géré avec le gouvernement plusieurs situations de crises (entre autres, le séisme du 12 janvier 2010 et l’ouragan Sandy en 2012).

La Direction de la Protection Civile (qui fait partie du Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales d’Haïti) a pour rôle essentiel gérer les risques et les désastres sur tout le territoire national, et s’occupe particulièrement de l’identification des problèmes liés à la protection civile, coordination des activités de réponse aux urgences et promotion de la GRD à la population.

Bref entretien avec cette femme haïtienne de caractère qui a dépassé ses propres appréhensions pour venir en aide à la population à travers un travail acharné et continu.

Quand vous avez joint la Protection Civile haïtienne ?

« J’ai rejoint la Protection Civile haïtienne en 2000 après avoir travaillé pour des organisations à caractère social, notamment la Caritas. Au début, j’occupais le poste de coordinatrice des activités de réponse aux urgences et par la suite j’ai eu une promotion et je suis devenue directrice. Compter sur une organisation qui travaille dans l’identification et l’analyse des risques, la préparation des institutions et de la population, et l’organisation de la réponse aux catastrophes est particulièrement important en Haïti, vu qu’on est confronté à beaucoup de menaces. »

C’est comment être directeur de la DPC, en étant femme?

« Pour moi c’est spécial. En fait, J’ai un peu choisi le bon moment pour m’orienter vers cette discipline que prend beaucoup de temps, où on doit travailler 24/24.

Au départ de ma carrière professionnelle, mes quatre enfants étaient un peu plus jeunes et là j’ai dedié plus de temps à eux. Mais quand ils sont grandis, j’ai décidé de travailler pour la protection civile et de consacrer tout mon temps à mon travail. »

C’est quoi le rôle de la femme dans la Protection Civile d’Haïti?

« Je peux affirmer que le quota d’au moins 30% de femmes dans toutes les activités de la vie nationale prévu par la Constitution haïtienne (amendée en 2011) est plus que respecté à la Protection Civile. Et je peux vous dire que bientôt la DPC aura deux directeur femmes et ça veut dire beaucoup. Deux directrices qui, par sensibilité, qualités et dévouement ont su développer un forte  leadership pour « construire »  la protection civile en Haïti. Grace à nos ressources et notre façon de développer une stratégie de GRD on a su inspirer confiance à la communauté internationale et aux institutions locales. On est un institution stable, avec un très bon spirit d’organisation par rapport aux besoins »

Qu’est ce vous souhaitez soit développé pour le future de la DPC?

On a fait un grand effort pour emplanter un system national de la Protection Civile en Haïti avec les comités départementaux, communaux (à présent, on a touché le 90% des communes) et locaux. On a construit une structure opérationnelle avec plus de 2000 brigadiers formés et une capacité forte de gestion de risques. Mais ce n’est pas encore suffisent. Il faut renforcer les capacités opérationnelles de ce système en Haïti. Il faut aussi renforcer les capacités des secteurs des institutions. En fait, les actions de gestion de risque se réalisent au niveau des secteurs, et s’il n’y a pas des secteurs forts on risque d’avoir des activités de GRD faibles. Il nous reste qu’orienter nos actions pour leur renforcement.

Il y a encore beaucoup d’actions de sensibilisation à entreprendre,  parce que s’il y a encore des pertes de vie humaine ça signifie qu’on a encore besoin. Dans les moments des alertes on arrive à toucher une bonne partie de la population, mais sa totalité n’est pas encore informée. Pour exemple, Il y a encore des gens que continuent à traverser les rivières pendant les pluies, ou à s’aventurer en haute mer.

Haïti demeure très vulnérable aux catastrophes. COOPI est arrivé juste après le tremblement de terre du 2010 pour soutenir la réponse humanitaire et aider les communautés touchées par la catastrophe. Aujourd’hui, COOPI travaille sur la gestion des risques et des crises dans les zones urbaines et rurales du Pays. Un aspect important du projet de GRD financé par le service de l’Union Européenne à l’Aide Humanitaire et à la Protection Civile (ECHO) et géré par le consortium COOPI – GOAL en Haïti est le soutien à  la Protection Civile afin de la rendre plus préparée à la gestion des urgences, à mettre en œuvre un système de gestion des risques de catastrophes, à améliorer la gestion des risques et à développer des projets à plus long terme qui soutiennent la reprise et le développement durable.

Par Lara Palmisano

L’excellence féminine de la Protection Civile haïtienne ultima modifica: 2016-07-07T10:51:50+00:00 da coopi