Poursuivis par la guerre : le travail de COOPI avec les réfugiés soudanais en RCA

Poursuivis par la guerre - le travail de COOPI avec les réfugiés soudanais en RCA

Ils ont fui une guerre qui a fait 300.000 morts depuis 2003, le conflit du Darfur, et maintenant se retrouvent piégés au milieu de la pire crise politico-militaire subie depuis son indépendance par la République Centrafricaine, le pays qui les a accueilli. Ce sont les 1.914 soudanais recensés par le Haut-Commissariat de Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) au camp de Pladama-Ouaka, situé à 10 kilomètres de la ville de Bambari (centre de la RCA).

Hommes, femmes, enfants. Tous coincés dans un camp de réfugiés qui se dresse dans la zone sous contrôle des milices antibalaka, qui les ont pris comme cible à cause de leur religion musulmane. Cette menace s’est traduite à plusieurs reprises par des attaques, braquages, et même une fois par le jet d’une grenade à l’intérieur de l’enceinte.
Dans ce contexte de violence, le UNHCR et COOPI travaillent pour soutenir et protéger ces personnes spécialement vulnérabilisées par le conflit en RCA. L’agence onusienne pour les réfugiés et l’organisation humanitaire gèrent un projet au profit de ces réfugiés de Bambari, ainsi que d’autres, de nationalité congolaise, dans d’autres villes de la République Centrafricaine.
Le projet du HCR et COOPI « Protection et assistance multisectorielle aux réfugiés congolais de la RDC et soudanais dans les camps de Bambari, Batalimo et Zemio », présente une approche multisectorielle qui vise à assurer une protection globale dans les domaines de la sécurité alimentaire, le renforcement des services destinés aux personnes ayant des besoins spéciaux (handicapés, troisième âge, etc.), ainsi qu’un accès optimal á l’éducation.
Le projet procure aussi aux réfugiés des matériaux et outils, ainsi que des modules de formation professionnelle, en Activités Génératrices de Revenu (AGR) (agriculture, boulangerie, élevage, boucherie, couture, entre autres), destinés à renforcer les moyens propres de subsistance des habitants du camp.
Dans le domaine de l’éducation, COOPI et son bailleur de fonds, le HCR, ont construit une école maternelle et primaire à l’intérieur du camp, où les enfants de Pladama-Ouaka suivent le cursus centrafricain. L’enseignement officiel est complété avec des cours en langue arabe pour ne pas les déraciner de leur culture arabophone d’origine. Les enfants qui sont déjà au secondaire sont censés se rendre dans les écoles de Bambari.
« La dernière année scolaire, COOPI assurait le déplacement de ces enfants au lycée de Bambari. Malheureusement, même si la rentrée scolaire a été fixée le 20 novembre, la dégradation de la situation sécuritaire a empêché ces enfants de recommencer les cours. C’est trop dangereux de faire les allers-retours de Bambari au camp et risquer de nous retrouver avec eux au milieu du feu croisé des groupes armés », explique Franck W. Zo’o Mbida, responsable du projet COOPI.
Cette situation est spécialement pénible pour quelques enfants qui ont dû faire preuve d’une forte détermination pour continuer leurs études. Le chef de projet du COOPI souligne « la volonté touchante d’étudier » de six filles qui ont passé l’examen donnant accès à l’enseignement secondaire malgré l’opposition de leurs familles qui tenaient à leur imposer une tradition extrêmement conservatrice par rapport à la condition de la femme.  « Cet effort n’a pas encore donné ses fruits parce que les filles, comme le reste d’élèves de secondaire, n’ont pas pu commencer l’année scolaire à cause de l’insécurité », déplore Zo’o Mbida.

Poursuivis par la guerre : le travail de COOPI avec les réfugiés soudanais en RCA ultima modifica: 2016-07-07T15:33:23+00:00 da Developer