Quand s’enfuir reste la seule solution

Quand s’enfuir reste la seule solution

« Parlons d’un histoire de vie qui t’a beaucoup touchée».
« Tu sais, j’aurais cent quatre-vingt mille histoires à te raconter… ».
Voilà comment commence la rencontre avec Grazia Li Pomi, chef de projet pour COOPI à Bambari, au cœur de la forêt centrafricaine. La ville est devenue tristement célèbre en raison des violences qui secouent les communautés musulmane et chrétienne, séparées par la rivière Ouaka, un cours d’eau boueux qui partage la ville en deux, du nord au sud. Ici, le pont n’est pas le symbole d’un passage rendu possible mais plutôt la frontière entre les deux communautés, la ligne rouge à ne pas dépasser.
Depuis septembre 2015, COOPI mène des activités de Protection Monitoring des mouvements des populations dans la Préfecture de l’Ouaka, dans les axes Bambari-Ippy et Bambari-Kouango et des activités de Camp Coordination and Camp Management (CCCM) à l’intérieur de deux sites de déplacés installés aux abords de la ville de Bambari : les sites de S

angaris et Alternatif. Le projet, financé par le UNHCR, vise à identifier les tendances des déplacements, à suivre la reprise en fonction des services de l’Etat, mais aussi certains services de base, comme les écoles, pour une meilleure priorisation des lieux d’interventions.
Ce projet prend la suite des activités menées par l’équipe de COOPI dans les deux Préfectures de l’Ouaka et de la Haute-Kotto, dans le but d’assurer la collecte d’informations là où de graves problèmes d’insécurité la rendaient impossible.
« Les déplacements auxquels les populations sont forcées en RCA ont des caractéristiques propres face auxquelles les outils classiques d’analyse des flux migratoires ne sont pas appropriés. En République Centrafricaine, les déplacements sont fréquents, rapides, impossible à prévoir et très souvent liés à une perception incorrecte du niveau de sécurité » nous explique Grazia.
Il ne faut donc pas seulement travailler à partir de questionnaires, pour monitorer la présence de ces services de bases qui garantissent un minimum de sécurité. Il faut aussi évaluer le sentiment de sécurité de la population à travers des entretiens personnalisés afin de comprendre les raisons des déplacements, évaluer leurs besoins mais aussi sensibiliser les personnes déplacées sur l’importance d’une vie en sécurité, sur leurs droits et sur les services psychosociaux mis à leur disposition en cas de violences.
En seulement 3 mois, 180.000 questionnaires ont ainsi été analysés et 8.000 personnes ont été sensibilisées.
Entre-temps, les violences, les pillages et les difficultés n’ont jamais cessé. Le 23 décembre, sur le site de Sangaris, un feu qui s’était déclaré dans une cuisine a détruit 205 tentes : 219 ménages ont tout perdu.
Pourtant, même quand il ne semble rester que la tristesse à évaluer, l’équipe de COOPI ne baisse pas les bras et pense déjà à un nouveau projet de monitoring avec un champ d’action majeur

Quand s’enfuir reste la seule solution ultima modifica: 2016-07-07T12:23:47+00:00 da coopi