Un projet de monitorage qui donne un élan à l’autonomisation des communautés

Un projet de monitorage qui donne un élan à l’autonomisation des communautés

Comment peut-on donner une réponse adéquate aux besoins de protection des communautés sans les connaître? Cette question a été le point de départ d’un projet de monitorage de protection conçu par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) en collaboration avec COOPI pour les préfectures de Lobaye, Sangha-Mbaéré et Mambéré-Kadéï.

Une région vaste où on s’est fixé l’objectif d’identifier les besoins communautaires et structurelles (écoles, centres de santé, point d’eau et assainissement, entre autres) d’une population estimée à 862.485 personnes.
Des équipes de COOPI se sont déployées sur le terrain dans les villes de Mbaiki, Boda, Nola, Bérberati et Yamando, ainsi que les villages avoisinants, pour collecter ces données, avec un focus spécial sur les violations des droits de l’homme qui ont été perpétrées dans ces préfectures très touchées par l’exacerbation des clivages interconfessionnels en République Centrafricaine.

Le travail de COOPI a accordé une attention particulière aux victimes de Violence Basée sur le Genre (VBG) et les violations des droits de l’enfant. À ce but, on a établi un système de surveillance et d’alerte rapide en collaboration avec les communautés et leurs représentants permettant le partage d’information entre les rares acteurs humanitaires présents dans le territoire.
« Un aspect clé de notre travail a été celui de renforcer les capacités d’autoprotection et d’auto prise en charge des communautés », explique Dorhide-Jasmine Yapele, agent psychosocial de COOPI. « Il fallait un changement d’état d’esprit chez les bénéficiaires parce que, pas mal de fois, les populations avaient l’idée qu’une ONG doit tout faire à leur place. Nous avons tenté de leur faire comprendre que nous étions là pour les accompagner mais qu’ils devaient devenir autonomes avec notre soutien et la formation qu’on leur a offert afin de renforcer leurs capacités ».
Ce travail de sensibilisation et de formation a donné des fruits remarquables : « À Saguila, une localité située à 18 kilomètres de Mbaïki, il y a une école qui a été construite par un prêtre avec l’aide des villageois or ceux-ci s’attendaient à des frais de scolarité réduits en échange de leur travail. À leur grande surprise, le responsable de l’école leur avait demandé des sommes que quelques-uns d’entre eux ne pouvaient pas payer.
Quand nous avons identifié ce besoin de soutien pour la scolarisation des enfants plus démunis, on leur a proposé de réfléchir ensemble à une façon de contourner l’obstacle des frais trop élevés. Finalement, ils ont proposé d’établir un mécanisme de solidarité intercommunautaire à travers une caisse commune où tous les parents font des petites contributions quand ils sont en mesure de le faire, même s’il ne s’agît que de 100 francs par mois. De cette façon, ils sont sûrs de pourvoir à tour de rôle aux frais scolaires de tous les enfants. Ils ont alors compris qu’ils sont capables de s’en sortir sans l’aide d’une ONG et ils en sont fiers », rappelle l’agent psychosocial.
Par rapport aux besoins identifiés, quels sont ceux les plus fréquents? L’agent psychosocial de COOPI explique : « S’il faut citer un besoin qui a été repéré trop souvent c’est, soit l’absence totale de structures de santé, hôpital, centres d’attention primaire, etc., soit l’éloignement des structures existantes. Dans le cas de Saguila, à 18 kilomètres de l’hôpital le plus proche, il n’y a presque aucun moyen de transport : pas de service de bus, pas de voiture et, beaucoup de fois, même pas de taxi-moto. Les malades doivent souvent parcourir cette longue distance à pied et risquer ainsi la mort ».

Un projet de monitorage qui donne un élan à l’autonomisation des communautés ultima modifica: 2016-07-07T15:28:26+00:00 da coopi