Une question de survie: les musulmans de Boda se recyclent en agriculteurs

Une question de survie - les musulmans de Boda se recyclent en agriculteurs

Ils exerçaient souvent des activités commerciales, même dans des domaines très lucratifs comme l’exploitation des diamants, mais la violence qui a frappé Boda et les affrontements entre les différentes communautés ont détruit leurs moyens de gagner leur vie et limité leurs mouvements à l’enclave de la ville. Près de 8.500 musulmans de Boda, toujours enfermés dans les quatre quartiers qui composent l’enclave, ont dû chercher des alternatives. Pour eux, note Hélène Long, chef du projet COOPI-FAO à Boda, c’était « une question de survie ».

Surtout pour les quelques 5.000 déplacés qui ont trouvé refuge dans l’enclave dans les premier mois de 2014 et qui sont, dans la plupart des cas, souligne Long « très démunis». Ces déplacés étaient, très souvent, des éleveurs dont les troupeaux ont été pillés ou même détruits par les groupes armés, et constituent maintenant le collectif le plus vulnérable de l’enclave.

Parallèlement aux distributions alimentaires prévues par le projet, les musulmans ont profité de la possibilité que ce programme leur a offert de se recycler dans l’agriculture.
« Étant donné la limitation des terrains dans l’enclave, qu’ils ne peuvent toujours pas abandonner, ces personnes ont profité du moindre lot de terrain pour cultiver. On trouve même des jardins potagers dans les petits terrains à côté de la route. On leur a appris également à transformer les aliments pour produire des petites sucreries et la pâte d’arachide », note la chef de projet.

La situation sécuritaire à Boda s’est améliorée ces derniers mois et des petits pas dans le sens de la récupération de la cohésion sociale ont été accomplis, même s’il reste beaucoup de chemin à parcourir.

« COOPI a organisé une journée de portes ouvertes à l’occasion de l’inauguration du carrefour communautaire du village de Samboli, dans les environs de Boda, et des musulmans de l’enclave sont venus et ont côtoyé les chrétiens. Dans ce village qui pour autant a souffert aussi des exactions des groupes armés, il règne un climat plus détendu entre chrétiens et musulmans », explique Hélène Long.

Une question de survie: les musulmans de Boda se recyclent en agriculteurs ultima modifica: 2016-07-07T13:37:10+00:00 da Developer