12-06-2026 | di COOPI
RDC. Quand les soins arrivent à domicile
Lorsque les agents communautaires sont arrivés au domicile de Salambote Kioma, dans la zone de santé de Tambutseke, la situation était critique. Mère de deux jeunes enfants, elle avait été abandonnée par son mari et vivait dans des conditions d’extrême vulnérabilité. La malnutrition avait touché ses deux enfants ainsi qu’elle-même, devenue trop faible pour travailler aux champs et même pour marcher.
Je me suis retrouvée dans une situation très difficile. Je n’arrivais plus à subvenir aux besoins de mes enfants, ni aux miens. C’est à cette période que la malnutrition est entrée dans notre famille, touchant mes enfants et moi-même.
raconte-t-elle.
L’histoire de Salambote est l’une des nombreuses illustrations des conséquences de la crise nutritionnelle qui frappe la province du Kwango, en République démocratique du Congo. Pour contribuer à répondre à cette urgence, COOPI – Cooperazione Internazionale ETS met en œuvre, avec le soutien de l’UNICEF, le projet intitulé : « Projet de réponse d'urgence à la crise nutritionnelle chez les enfants de moins de 5 ans dans les zones de santé de Feshi, Panzi, Kenge et Popokabaka afin d’améliorer l’accès aux services de santé de base et de nutrition dans la province du Kwango».
Après l’abandon de son mari, Salambote s’est retrouvée seule à assurer la subsistance de sa famille. Au fil des mois, le manque de ressources a progressivement aggravé l’état de santé de ses enfants ainsi que le sien. Lorsqu’elle est tombée malade et a perdu la capacité de marcher, les activités agricoles dont dépendait la survie du ménage se sont également interrompues.
C’est à ce moment-là que le réseau communautaire soutenu par le projet a joué un rôle déterminant. Un relais communautaire a identifié le cas et accompagné les deux enfants au centre de santé de Tambutseke pour une évaluation nutritionnelle.
Lorsque le relais communautaire est arrivé chez moi, il m’a expliqué qu’une équipe de COOPI et de l’UNICEF prendrait gratuitement en charge mes enfants. Comme je ne pouvais pas marcher, c’est ma sœur qui les a accompagnés au centre de santé. Ce fut le début de notre parcours de rétablissement.
se souvient Salambote.
Le diagnostic a été immédiat : les deux enfants souffraient de malnutrition aiguë sévère. Le personnel de santé a alors initié leur prise en charge conformément aux protocoles nationaux, en leur fournissant des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi (ATPE) et en assurant un suivi régulier de leur état de santé.
À leur admission, les deux enfants présentaient une malnutrition aiguë sévère. Grâce aux aliments thérapeutiques, au traitement médical et à un suivi rapproché, nous avons observé une amélioration progressive de leur état nutritionnel jusqu’à leur sortie du programme.
explique Guylain Kilekitsona, infirmier de COOPI et responsable du centre de santé de Tambutseke.
Le parcours de rétablissement n’a toutefois pas été simple. Les conditions socioéconomiques de la famille rendaient difficile la garantie d’une alimentation adéquate en dehors du traitement thérapeutique. C’est pourquoi les agents de santé et les nutritionnistes de COOPI ont choisi d’accompagner la famille à travers des visites à domicile régulières, afin de suivre l’évolution clinique des enfants et de leur apporter un soutien constant.
La stratégie de suivi à domicile s’est révélée essentielle. Les visites régulières ont permis d’assurer un suivi rapproché du traitement, de mieux comprendre les difficultés quotidiennes de la famille et d’adapter l’appui à ses besoins. Cette approche de proximité a permis d’assurer la continuité des soins, même lorsque l’état de santé de la mère rendait difficile l’accès au centre de santé.
Semaine après semaine, les enfants ont montré des signes d’amélioration jusqu’à retrouver un état nutritionnel satisfaisant et être déclarés guéris puis sortis du programme.
L’état de santé de leur mère s’est lui aussi progressivement amélioré. Aujourd’hui, Salambote a retrouvé sa capacité à marcher et accompagne elle-même ses enfants au centre de santé pour les consultations de contrôle et le suivi.
Voir Salambote remarcher et accompagner personnellement ses enfants au centre de santé est l’un des résultats les plus significatifs de ce parcours. Derrière le rétablissement nutritionnel des enfants se trouve aussi la capacité d’une famille à retrouver confiance et à envisager l’avenir avec davantage d’espoir.
expliquent Bernard Sakakusu et Richard Nkyaka, nutritionnistes de COOPI.
L’histoire de Salambote démontre combien il est important d’atteindre les personnes les plus vulnérables avant que la malnutrition et la pauvreté n’entraînent des conséquences irréversibles. Elle met également en lumière la valeur d’une approche intégrée associant soins de santé, nutrition et action communautaire, en accompagnant les familles tout au long de leur parcours de prise en charge.
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Présente dans le pays depuis 1977, COOPI est engagée depuis plusieurs décennies dans le renforcement de la sécurité nutritionnelle des populations. En 2025, l’organisation a mis en œuvre six projets, atteignant 248 783 bénéficiaires.