RDC, Makobola. Témoignage de Marie Esther
03-09-2026 | di COOPI

RDC, Makobola. Témoignage de Marie Esther

Marie Esther vivait à Uvira, dans la province du Sud-Kivu, à l’est de la République Démocratique du Congo, avec son mari et leurs quatre enfants âgés de 10 ans, 8 ans, 5 ans et 20 mois. La famille vivait modestement, principalement grâce aux activités agricoles de Marie Esther et au travail de motard de son mari. En décembre 2025, les affrontements entre le groupe armé M23-AFC et les Forces Armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont changé profondément la vie de la famille.

Confie-t-elle Marie Esther :

J’ai perdu mon mari à cause des violences. Depuis ce jour, je suis seule avec mes enfants et je dois tout faire pour prendre soin d’eux. 

Pour fuir la violence et l’insécurité, elle s’est réfugiée avec ses quatre enfants à Makobola, une localité située à 15 kilomètres au sud de la ville d’Uvira, où une famille d’accueil composée de 14 personnes les a accueillies. Malheureusement, malgré ce soutien, Marie Esther et ses enfants sont confrontés à des conditions de vie difficiles. Elle nous raconte:

La famille qui nous accueille est nombreuse et elle aussi a des difficultés. Je fais de petits travaux pour aider à la maison et m’occuper de mes enfants, mais ce que je gagne ne suffit pas toujours.

Cette situation a profondément affecté le plus jeune enfant de Marie Esther, Chance, âgée de seulement 20 mois. Le 26 juin 2026, elle a été diagnostiquée avec une malnutrition aiguë sévère, lors d’un dépistage communautaire organisé dans le cadre du projet « Réponse humanitaire d'urgence en nutrition aux PDI et communautés hôtes affectés par la crise d'Uvira dans les ZS de Uvira et Lemera », mis en œuvre par COOPI – Cooperazione Internazionale et AFPDE (Association des femmes pour la Promotion et le Développement Endogène) avec le financement du Fonds humanitaire (OCHA) en RDC. Comme en témoigne Monsieur Patient, Nutritionniste terrain de COOPI :

Quand j’ai vu la petite fille, j’ai tout de suite compris que la situation était grave et qu’elle avait besoin d’une prise en charge adaptée. La petite présentait en effet une malnutrition aiguë sévère accompagnée de complications cliniques. Sa mère ne semblait pas se rendre compte de la gravité de son état. Je lui ai expliqué qu’elle devait l’emmener au Centre de santé de Makobola pour une évaluation approfondie.

Les examens effectués au Centre hospitalier ont confirmé le diagnostic et Chance a été référée vers l’Unité Nutritionnelle Thérapeutique Intensive (UNTI), pour bénéficier d’une prise en charge médicale et nutritionnelle gratuite. Marie Esther raconte :

Je ne pensais pas que mon enfant était aussi malade. Je voulais seulement qu’elle aille mieux. À l’hôpital, le personnel nous a bien accueillis et s’est bien occupé de mon enfant. Cela m’a rassurée et m’a donné de l’espoir.

Après deux semaines de traitement intensif, l’état de santé de Chance s’est nettement amélioré et elle a été transférée à l’Unité Nutritionnelle Thérapeutique Ambulatoire (UNTA) pour un suivi régulier.

En parallèle, Marie Esther a reçu un kit d’hygiène (contenant un bidon de 20 litres d’eau, des gobelets et du savon), donné également dans le cadre du projet par COOPI sous financement du FH RDC, ainsi que des séances de sensibilisation sur les bonnes pratiques d’alimentation et d’hygiène. Ces interventions permettent d’agir sur les pratiques quotidiennes de la famille, afin de contribuer à prévenir de nouveaux épisodes de malnutrition et à favoriser le bien-être de l’enfant. Aujourd’hui, Marie Esther a acquis de nouvelles connaissances sur l’alimentation et les soins à apporter à ses enfants. Elle témoigne :

 

L’équipe de COOPI et d’AFPDE m’a expliqué qu’il fallait continuer à allaiter ma petite fille jusqu’à l’âge de deux ans et lui préparer chaque jour des repas différents. Je fais de mon mieux pour suivre ces conseils.

 

Forte de cette expérience, elle est devenue une véritable ambassadrice de la lutte contre la malnutrition dans sa communauté, comme elle en témoigne :

Aujourd'hui, je sensibilise mes voisines et mes connaissances à faire dépister leurs enfants. Je leur dis que les soins sont gratuits et qu'un enfant malade peut retrouver la santé lorsqu'il est pris en charge à temps. Mon histoire me donne la force d'aider d'autres familles à protéger leurs enfants.

Chance figure parmi les 142 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère avec complications médicales qui ont reçu un traitement grâce au projet « Réponse humanitaire d'urgence en nutrition aux PDI et communautés hôtes affectés par la crise d'Uvira dans les ZS de Uvira et Lemera ». Son parcours témoigne de l’impact que peuvent avoir la solidarité, l’engagement communautaire et l’accès à des soins de qualité pour la protection de la santé et du bien-être des enfants et des communautés touchés par les conflits.